Ituri : 8 cas de décès maternels enregistrés en 6 mois dans la zone de santé de Rwampara

Partager l'actualité

La zone de santé de Rwampara en Ituri a enregistré 8 décès maternels seulement en l’espace de 6 mois soit de Janvier à Juin 2022.

Cette performance de la réduction des cas des décès maternels est due, selon le docteur Patrick Basara, Médecin Chef de zone de santé de Rwampara, à la surveillance active de décès maternel et périnatal (SDMPR) au sein de cette zone de santé comme exige le programme national de santé de la reproduction.

“Nous avons enregistré 8 décès maternels de Janvier à Juin 2022. Cette réduction des cas de décès matériels fait suite à la surveillance active au sein de notre zone de santé de décès maternel et périnatal (SDMPR) comme exigé par le programme national de santé de la reproduction (PNSR en sigle) de notre pays. Nous procédons chaque fois à l’identification des causes les plus fréquents, les corriger en proposant des pistes de solutions, les responsables et l’échéance pour les corrections. C’est ce que nous appelons la mise en œuvre du plan de redressement qui répond à tous les problèmes de santé. À cela nous ajoutons aussi des supervisions formatives et des briefings des prestataires pendant les différentes réunions. C’est ce que nous faisons tous les jours dans notre zone de santé, pour ainsi lutter efficacement contre les décès matériels”, a expliqué le docteur Patrick Basara, Médecin Chef de zone de santé de Rwampara, à Bunia-info24.com

À lui de poursuivre qu’au stade actuel, c’est difficile d’arriver à zéro décès matériels suite aux plusieurs défis d’ordre sanitaire, infrastructurel et autres.

“On ne peut pas arriver rapidement à zéro cas de décès maternel dans notre pays qui éprouve d’énormes défis du point de vue santé, des infrastructures ne répondant pas aux normes, instabilité du personnel, nouveau personnel non formé en Gesta internationale, rareté des médicaments, manque de matériels et équipements nécessaires pour sauver des vies, routes inaccessibles, vulnérabilité économique pour accéder aux soins de qualité, chômage occasionnant des grossesses non désirées multiples, manque d’intrants de planification familiale,… Tout cela se greffe sur l’insécurité en Ituri” poursuit-il.

Pour une sortie progressive à ces énormes défis à relever, afin de diminuer le taux des décès matériels qui est très élevé en RDC où au moins de 4 femmes meurent chaque heure suite aux complications de grossesse, docteur Patrick Basara dresse ces recommandations :

“Pour éviter les décès maternels ou diminuer sa fréquence, nous recommandons d’abord aux femmes enceintes de suivre correctement la consultation pre-natale (CPN) et la commencer au moins avant la 16ème semaine de grossesse, d’alerter ou de venir en temps dans la structure la plus proche en cas de sensation des mauvais signes sur la grossesse. Aux corps soignants de sensibiliser, bien faire le triage pendant la CPN et orienter les cas qui nécessitent les interventions complémentaires, d’agir en temps en cas de complications. Au gouvernement de mette en œuvre la couverture sanitaire universelle, de construire et d’équiper les structures, d’affecter le personnel qualifié et le payer de la même façon à tous les niveaux, de former le personnel et assurer le suivi de la formation. Et, en fin aux partenaires, d’appuyer le gouvernement pour la mise en œuvre de tout ce qui précède tout en respectant les spécificités de chaque province, chaque zone et chaque aire de santé. D’inviter aussi les mains d’œuvres importées pour ainsi relever le social des locaux”, a t-il conclu.

Il sied de rappeller que les violences basées sur le genre contribuent aussi aux décès maternels. Car, pendant le rapport sexuel non consentant en période de l’ovulation lorsque la femme a un interval intergenesique de moins d’une année sur utérus cicatriciel, elle est à haut risque de faire la rupture utérine et peut en mourir.

La zone de santé de Rwampara qui n’a enregistré que 8 décès maternels dans un espace de 6 mois suite aux performances de moyens de lutte mis en place, compte 14 hôpitaux étatiques dans lesquels il y a 13 centres de santé et 1 hôpital général de référence et 36 hôpitaux privés.

Abdoul Lazo


Partager l'actualité

Laisser un commentaire