Ituri : Près de 30.000 jeunes de Bunia sensibilisés à la culture de paix et à la cohabitation pacifique

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Au moins 30.000 jeunes de la ville de Bunia ont été sensibilisés à la culture de paix et à la cohabitation pacifique par la MONUSCO/Ituri.

C’était à l’occasion de la clôture le 15 mai dernier, du programme interscolaire de sensibilisation à la paix et à la cohabitation pacifique.

« Vous les jeunes, vous êtes l’avenir de ce pays. Vous devez prendre conscience que le futur de ce pays vous appartient. De ce que vous aurez fait aujourd’hui dépendra l’avenir de l’Ituri et du Congo », a déclaré Josiah Obat, chef de bureau de la MONUSCO en Ituri.

64 écoles secondaires de la ville de Bunia participent à la promo scolaire 2022 pour la sensibilisation

Au total, 64 écoles secondaires de la ville de Bunia ont participé à la promo scolaire 2022. Encadrés par leurs parents et membres de 21 communautés que compose l’Ituri, plus de 28.000 élèves, regroupés chaque dimanche, pendant au moins deux mois durant pour faire valoir la culture et lintellegia en Ituri, qui n’était connu qu’avant pour des guerres et autres bavures de tout genre. Mais grâce à la participation active de ces élèves à cette promotion scolaire, l’Ituri a montré une face de la paix et de la cohabitation pacifique devant le monde.

Promotion scolaire 2022, initiative de l’AEJI en collaboration avec d’autres partenaires

Ce programme de promotion scolaire est une initiative de l’Association pour l’Encadrement des Jeunes en Ituri (AEJI), en collaboration avec la MONUSCO et le ministère provincial de l’Enseignement primaire, scientifique et technique (EPST), par l’entremise de la sous division de Bunia, indique Jean-Marie Déjà, coordinateur de l’ONG AEJI.

« Chaque dimanche, nous organisions des sensibilisations à l’attention de ces jeunes, dont le nombre variait entre 3000 et 4500 par séance, à la cohabitation pacifique. On leur apprenait à vivre ensemble, à s’accepter mutuellement, à fréquenter les mêmes endroits et à ne pas se considérer comme des ennemis », rapporte-t-il.

Des jeunes sensibilisés à d’accepter mutuellement sans tenir compte de leurs origines ethniques .

Selon lui, il était question d’apprendre à ces jeunes à aimer leur pays et à respecter leurs voisins.

« Par exemple, qu’un Lendu est un Congolais au même titre qu’un Alur et qu’un Hema. D’ailleurs, nous organisions des danses où on voyait un Hema danser avec un Lendu… Avec l’appui du programme de DDR-CS, nous avons demandé à ces jeunes de ne pas rejoindre les groupes armés à travers des sketches, du théâtre, des poèmes, etc. », a-t-il poursuivi.

Des casques bleus de la MONUSCO lancent des messages de paix

Jean-Marie Dena Dhiro souligne que les militaires de la MONUSCO ont aussi participé à ces séances en vue de rendre la cohabitation pacifique une réalité en province de l’Ituri.

“Chaque dimanche, les casques bleus bangladais de la MONUSCO venaient faire passer des messages de paix, dans lesquels ils invitaient les jeunes à se pardonner mutuellement, à travailler ensemble pour le développement de l’Ituri et à ne pas collaborer avec les groupes armés qui ne leur apportent rien” a-t-il ajouté.

Des jeunes et parents appelés à relayer les messages de la paix à leurs communautés respectives

Pour les organisateurs, ces quelque 30.000 jeunes et parents sensibilisés à la paix durant ces deux mois et demi sont appelés maintenant à relayer dans leurs communautés les messages reçus.

« Aux parents, les casques bleus demandent de toujours collaborer avec les autorités congolaises pour que la paix revienne en Ituri et éduquer vos enfants à privilégier le « vivre-ensemble. Nous-mêmes (notre ONG) passions le message selon lequel la MONUSCO n’est pas au Congo pour appuyer les groupes armés, mais plutôt les FARDC pour que la paix revienne en Ituri et partout ailleurs au pays », explique Jean-Marie Dena Dhiro, coordonnateur de l’ONG AEJI.

Promo scolaire 2022, projet monté suite à un constat que ce sont des jeunes qui gonflent les rangs dans des groupes armés

L’AEJI et la MONUSCO ont initié le projet « Promo-scolaire pour la paix durable en Ituri » à la suite du constat selon lequel les moteurs des violences perpétrées en Ituri sont des jeunes qui grossissent les rangs des groupes armés. En plus du fait que certaines communautés vivent en autarcie, à l’écart des autres qu’elles considèrent comme leurs ennemis.

Suite à ce constat, l’ONG AEJI a sollicité l’appui de la MONUSCO dont le mandat cadre avec cette initiative.

« Vous, les parents qui avez accompagné vos enfants à ce programme, vous avez le devoir d’éduquer vos enfants pour qu’ils puissent devenir de bons citoyens qui ne recourent pas à la violence pour résoudre un problème, qui aiment leur pays et œuvrent pour son développement et le bien de tous et non de celui d’une communauté ou d’un groupe particulier », a déclaré Josiah Obat.

Des cadeaux remis aux participants en présence des autorités civilo-militaires de la ville de Bunia

A l’issue de la cérémonie, des articles de sport et autres fournitures scolaires ont été distribués aux participants.

Le maire de Bunia, le représentant du gouverneur de province, le chef de division provinciale de l’EPST/Ituri ainsi que des responsables civils et militaires ont pris part à la cérémonie. Des danses traditionnelles des différentes communautés de l’Ituri étaient également au programme de ces sensibilisations qui se tenaient à l’Espace Vert EPO Ville à Bunia.

A noter que dimanche 29 mai prochain, toujours à l’Espace Vert EPO ville à Bunia, une grande cérémonie de réconciliation regroupant les 21 communautés de l’Ituri aura lieu. Ce sera pour « enterrer la hache de guerre pour une paix durable en Ituri », a conclu Jean-Marie Dena Dhiro.

Rédaction


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